AU REVOIR L’ÉTÉ 

de Kôji Fukada

Avec Fumi Nikaidô, Mayu Tsuruta, Taiga, etc.

Ressortie le 9 juin – 2h05 – Japon 

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Mikie, accompagnée de sa jeune nièce Sakuko, est de retour dans son village natal. La langueur estivale de la campagne japonaise est l’occasion pour Mikie de renouer avec Ukichi, un ancien amant. Quant à Sakuko, c’est du timide Takashi qu’elle se rapproche. L’adolescent est un réfugié de Fukushima…

Comparé à ses pairs avant-gardistes de la Nouvelle vague française, Eric Rohmer s’est emparé d’une tonalité plus légère : oh que ses jeunes héroïnes étaient chics et modernes! Et que ses histoires d’amour étaient romanesques, ainsi filmées dans les plus attrayantes régions de France ! Et si certains, le regard tourné vers Hollywood, en conclurent parfois que ses personnages parlaient trop, les fans de notre trempe pensèrent toujours l’exact contraire, qu’adroitement ses films révélaient les complexités de la psyché humaine, a fortiori imbriquée dans l’enjeu amoureux… C’est ici que nous retrouvons Kôji Fukada, digne héritier d’Eric Rohmer qui, avec Au revoir l’été (2014), lui rend un vibrant hommage jusqu’à son titre français, en référence à Conte d’été (1996). Et pourtant : le film s’en émancipe radicalement par son aura typiquement japonaise. Ici, les secrets planent comme autant de fantômes, donnant aux non-dits une matière toujours plus blanche, profonde et insaisissable. C’est ainsi qu’au milieu de la chaude langueur de l’été, l’amour semble s’incarner dans le moindre grain de sable, tel un présage nucléaire animiste et intime. Les personnages qui ne peuvent pas oublier, au bord de la plage, rencontrent ceux qui n’ont rien à oublier… Du contraste de ces expériences naîtra une expérience commune. Ensemble, ils construiront des vérités essentielles, des souvenirs hors du passé. O. J.