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Dictionnaire du Cinéma Japonais en 113 Cinéastes
L’Âge d’Or 1935-1975

Sous la direction de Pascal-Alex Vincent 

Préface de Kiyoshi Kurosawa 

13,5 cm x 19 cm

344 pages

Carlotta Films

Après une première édition au succès fulgurant, le Dictionnaire du cinéma japonais en 113 cinéastes se refait une beauté – revue et augmentée – dix ans plus tard. Douze nouvelles fiches réalisateur, un cahier photos en couleurs et une préface en or signée Kiyoshi Kurosawa enrichissent cette nouvelle édition. Un indispensable pour tout cinéphile désirant explorer ce vaste continent méconnu qu’est l’Âge d’Or du cinéma nippon.

Petit livre deviendra grand

En 2016, Carlotta Films distribue, en accompagnement de l’un de ses DVD, un petit livre — pas si petit que ça. C’est un tour de l’Âge d’Or du cinéma japonais en 101 réalisateurs. Face au succès imprévisible mais pas tout à fait inattendu (ou alors fort attendu mais parfaitement imprévisible) de l’ouvrage, celui-ci est réédité, seul, l’année suivante. Rebelote, succès. 10 ans et un titre épuisé plus tard, Carlotta Films revient à la charge avec une nouvelle édition, revue et augmentée, du dictionnaire original.

L’équipe des 101 gagne 12 nouvelles recrues sous forme de fiches réalisateurs inédites. En outre, l’ouvrage s’enrichit de deux beaux cahiers photographiques. Pour couronner le tout, Kiyoshi Kurosawa himself livre une préface qui donne immédiatement le ton :

Le nombre de noms propres rassemblés dans cet ouvrage est incroyable. Cela me laisse stupéfait. Où sont-ils allés en dénicher autant ? Kiyoshi Kurosawa

Amateurs, oui ; démunis, jamais !

Rassemblés sous la direction de Pascal-Alex Vincent, cinéaste et professeur d’histoire du cinéma japonais à la Sorbonne Nouvelle, les 40 ans qui font l’âge d’or du cinéma nippons ont été répartis parmi 24 rédactrices et rédacteurs. Issus des parcours les plus divers — critiques, cinéastes, scriptes, adaptateurs, cinéphiles… — ils sont unis par une passion commune et dévorante.

Comme lors de la première édition, ils et elles ont eu le loisir de rédiger leurs fiches avec la plus grande liberté. Le résultat est un savoureux mélange de plumes, foisonnant et varié mais jamais confus. Les auteurs et autrices y alternent donc détails biographiques, anecdotes de tournage et expériences personnelles. Un dictionnaire amoureux, donc, avec beaucoup d’amoureux.

Sans hiérarchies !

La diversité des voix appelées à s’exprimer a un autre avantage. L’amour de chaque rédacteur élève son réalisateur au rang supérieur. La taille uniforme de chaque fiche et l’enthousiasme qui s’y déverse éliminent les hiérarchies. Les grands maîtres côtoient d’égal à égal leurs confrères méconnus. Les genres mythiques du cinéma japonais fricotent avec les sous-genres et les produits de niche. Les grosses boîtes de production s’acoquinent avec les petites réalités. Les réalisateurs aux 101 films (Seiji Hisamatsu), voire aux 200 films (bravo, Torajirō Saitō !) vont main dans la main avec ceux qui n’en ont fait qu’un pendant leur carrière (coucou, Toshirō Mifune).

Où que vous soyez dans votre voyage dans la vaste jungle qu’est le cinéma nippon, le Dictionnaire du cinéma japonais saura tantôt vous guider, vous éclairer, vous divertir ou vous dérouter. Ce qui est sûr — et Kiyoshi Kurosawa ne va pas me contredire —, c’est qu’il va vous surprendre. Et qu’à l’image des cerises (ou des cacahuètes au wasabi), vous commencerez à en picorer une et, la seconde suivante, vous vous demanderez où a bien pu finir tout le bol.

Malheureusement, les Japonais eux-mêmes ne mesurent pas la valeur de cette production. Pour eux, l’existence de ce cinéma semble aller de soi, tout comme la présence de forêts et des champs leur est naturelle. Elle ne mérite pas d’être qualifiée de système et il leur est difficile de considérer que sa classification ou son analyse puissent avoir du sens. C’est alors que les Français si méritoires ont tendu leur main secourable, sous la forme de cette liste étourdissante. Aujourd’hui j’aimerais pouvoir la brandir sous le nez des Japonais. Kiyoshi Kurosawa

(edg)