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Exposition – Au cœur de l’architecture en bois traditionnelle

Du mercredi 18 octobre 2023 au samedi 27 janvier 2024

MCJP – 101 bis Quai Jacques Chirac, 75015 Paris
Entrée libre
Mardi-samedi 11h-19h

Du 18 octobre 2023 au 27 janvier 2024, la Maison de la Culture du Japon à Paris présente l’exposition L’art des charpentiers japonais : Au cœur de l’architecture en bois traditionnelle. À l’image de la charpente, la colonne vertébrale bien dissimulée de toute construction, cette exposition nous dévoile un aspect de la culture japonaise, tout aussi caché et tout aussi structurel.

Au commencement était la montagne

Au commencement était la montagne. Avec elle, le divin. En dernier, les outils. L’histoire de la charpenterie nippone ne sort pas du sol mais descend plutôt des cieux. C’est ce que nous dévoile L’art des charpentiers japonais : Au cœur de l’architecture en bois traditionnelle, à découvrir à la MCJP jusqu’au 27 janvier. Coorganisée avec le Takenaka Carpentry Tools Museum de Kobe, l’exposition remonte aux sources – c’est le cas de le dire – de l’art du charpentier : la forêt.

Cyprès du Japon, cèdre du Japon, pin rouge du Japon ou zelcova… Depuis la nuit des temps, les forêts recouvrent les 14 000 îles de l’archipel et lui offrent leurs fruits, juteux, feuillus ou résineux. Dès lors, les Japonais vouent aux forêts un respect empli de sacré. Le daiku (charpentier) n’est pas uniquement celui qui érige. Il écoute la montagne et fait parler les essences de chaque bois pour que, de leur dialogue, jaillisse la construction.

« N’achète pas d’arbres, achète une montagne. »

Tsunekazu Nishioka, maître charpentier

Sacré charpentier

Ce dialogue constant avec les divinités, l’exposition nous le dévoile à travers les rituels qui jalonnent la construction civile et religieuse. Un rituel pour aplanir le sol, un autre pour y planter la poutre principale, un troisième avant que le bâtiment ne soit ouvert. Tout vient des dieux : leur accord n’est donc jamais acquis.

Le spirituel est partout. Elle s’épanouit dans l’architecture sacrée des temples, spécialité des dômiya-daiku. Mais elle se niche aussi dans les frêles bâtiments érigés par les sukiya-daiku. Un parfait exemple de la robustesse cachée derrière un paravent de fragilité est la somptueuse reconstitution du Sa-an, le pavillon de thé du temple Daitoku-ji à Kyoto. Ici, tous les éléments empruntés à la nature y sont visibles dans leur forme presque brute, décharnée et sublimée.

Les outils et leur absence

L’exposition se poursuit par une incroyable juxtaposition d’opposés apparents. D’un côté, les outils du charpentier ; de l’autre, le kigumi, la technique d’assemblage du bois sans clous ni vis. Selon une enquête de 1943, il ne fallait pas moins de 179 outils à un charpentier pour ériger un bâtiment de qualité. Ce foisonnement des instruments manuels permet à une construction de tenir debout sans rien d’autre que le bois.

Les incroyables exemple de kigumi présentés et déconstruits à l’aide d’écrans et de représentations mouvantes nous met face à l’incroyable puzzle qu’est l’architecture nippone traditionnelle. Dans ce dialogue de pièces savamment choisies, travaillées et imbriquées, nous pouvons voir toute l’harmonie avec laquelle la culture japonaise fait résonner culture, nature et esprit. Nous prenons conscience de la portée spirituelle des mots « ressource » et « renouvelable ». Et nous avons tout à apprendre.

EDG.