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Sachiyo Harada, La cuisine japonaise à l’écran : 60 recettes culte du Studio Ghibli à Midnight Diner.

Gallimard

184 pages

220 x 270 mm

Rares sont les cultures qui ont su filmer la cuisine – la nourriture, certes, mais aussi son élaboration et sa dégustation – comme le Japon. En plat (ou sujet) principal ou sur le pouce, il est souvent affaire de cuisine dans le cinéma japonais. C’est donc avec gourmandise que nous ouvrons les pages de La cuisine japonaise à l’écran de Sachiyo Harada, un livre de recettes qui parle de cinéma ou un livre de cinéma qui vous apprendra à cuisiner. Dans tous les cas, un délice pour les yeux et les papilles.

Silence sur le plateau, on mange !

La série The Bear a sûrement eu un rôle de taille dans la globalisation de l’intérêt porté à la cuisine à l’écran. La conception minutieuse des plats, le stress aux fourneaux, le service impeccable, la dégustation : toutes les étapes de la cuisine y sont présentes, fidèles à la réalité (pas toujours glamour) des établissements chics.

Mais s’il y a bien un pays qui n’a eu de cesse de représenter sa nourriture, c’est bien le Japon. L’histoire du cinéma nippon marche main dans la main avec le portrait de sa cuisine – pensez à Ozu et à son Le goût du riz au thé vert (1952). La nourriture peut ne pas être au cœur du récit cinématographique, elle prête toujours son meilleur profil à la caméra. Et ce, qu’il s’agisse de cinéma ou d’animation. Après tout, tout amoureux des films Ghibli a ses plats culte, glanés dans la vaste filmographie du Studio.

Ce que les images dévoilent, c’est la nature profondément culturelle de l’alimentation au Japon. Ici, il ne s’agit pas de se remplir le ventre, d’avaler « quelque chose » pour tenir. Au Japon, manger est une philosophie. Au commencement, il y a l’ingrédient brut – chair, légume, racine… – qui obéit à une saisonnalité et à une loi des proportions. Il y a une élaboration raisonnée des aliments, tantôt crus, cuits, frits ou marinés. Il y a une consommation réfléchie, presque spirituelle, des plats préparés. Manger, ce n’est jamais irréfléchi. C’est pourquoi le cinéma a pu si bien dépeindre la cuisine japonaise : parce qu’elle est action, réflexion et affect à la fois.

Un dialogue sensoriel

Comme tout ouvrage culinaire qui se respecte, La cuisine japonaise à l’écran se divise en plusieurs catégories. On commence par « les bases », on continue avec « Vapeur et beignets », « Soupes, mijotés et nouilles », « Poissons et crustacés », « Viandes et œufs » et « Riz et légumes ». Enfin, on termine par « Desserts et thé ».

Les recettes, élaborées mais précises, simples mais raffinées, brassent autant les grands classiques (gyoza, dorayaki, sashimi et ramen) que des gourmandises plus surprenantes. Leur point commun ? Avoir joué dans un film, évidemment !

L’organisation des recettes suivant des critères gastronomiques, les films qui y sont associés sont un délicieux va-et-vient dans l’histoire du cinéma, mêlant pépites récentes et chefs-d’œuvre historiques. La tentation est double : découvrir les films par la nourriture et/ou la nourriture par les films. Une soirée cuisine « à la Ghibli »? Pourquoi pas ! On vous propose le « risotto à la japonaise » de Princesse Mononoké, le « saba misoni » de Le vent se lève ou encore le « komatsuna frais dans une soupe miso » de Mon voisin Totoro. Les amateurs d’Ozu et de Kurosawa sauront également replonger dans le cinéma de la grande époque, en passant côté cuisine !

La boutique Hanabi : un primeur de grand cinéma

Chez Hanabi, nous sommes cinéphiles, mais nous sommes aussi de sacrés gourmands. Est-ce donc un hasard que de nombreux films de notre catalogue soient inclus dans les pages de La cuisine japonaise à l’écran ? Préparez-vous à une double dégustation – visuelle et gustative. Parmi les films les plus récents, comment ne pas citer Tempura d’Akiko Ohku et ses tempura (!) de gambas ? Ou encore le sakura mochi de Dans un jardin qu’on croirait éternel de Tatsushi Omori ? Mais il y a aussi le curry rice de La famille Asada.

Bref, que l’on arrive à La cuisine japonaise à l’écran par le biais de la cuisine ou par celui de l’écran, le moment est venu de marier les sens et de succomber à cette double dose de plaisir.